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La Banque Mondiale souligne le potentiel solaire de la Tunisie

Le 22 janvier 2016

Moëz Cherif, Banque Mondiale:

Alors que sa production de gaz naturel est vouée à baisser à partir de 2020, la Tunisie se trouve aujourd’hui face à des choix stratégiques difficiles pour satisfaire ses besoins énergétiques futurs.

(...)

Les besoins d’énergie primaire de la Tunisie sont actuellement couverts par le pétrole et le gaz, les ressources propres du pays assurant près de 85 % de la consommation. Une part importante de son approvisionnement énergétique extérieur est constituée de gaz naturel acheminé d’Algérie par gazoduc, que la Tunisie importe ou prélève à titre de redevance sur le gaz destiné à l’Italie. La Tunisie était, jusqu’au début des années 2000, un exportateur net d’énergie. Depuis lors, la demande d’énergie a augmenté plus vite que la production nationale, et les importations pétrolières et gazières ont connu une augmentation progressive. Selon des projections sur la demande d’énergie et les sources d’approvisionnement actuelles, on peut prévoir que la Tunisie sera confrontée à une pénurie d’énergie primaire vers 2020. Certes, il existe des perspectives de développement de nouveaux gisements, mais ces réserves sont limitées et incertaines.

L’écart grandissant entre le niveau des approvisionnements nationaux et la demande d’énergie est aggravé par le fait que le secteur énergétique est considérablement subventionné. Ces subventions publiques ont représenté ces dernières années 5 % du PIB et sont généralisées : les prix des produits pétroliers, du gaz naturel et de l’électricité sont tous subventionnés, aussi bien au niveau des consommateurs finaux industriels que des particuliers. (En 2015, des prix pétroliers plus bas ont eu pour effet automatique de réduire le volume des subventions, mais celui-ci pourrait de nouveau remonter en cas d’inversion de la tendance des cours du pétrole.) Ces subventions vident les caisses de l’État et encourage le gaspillage énergétique, sans pour autant profiter le plus aux pauvres, dans la mesure où leur consommation d’énergie est inférieure à celle des autres classes socioéconomiques. Sachant que la Tunisie dépendra de plus en plus des importations d’énergie et de ses propres sources d’énergie renouvelable, il lui faudra davantage s’attacher à recouvrer les coûts (tout en maintenant des tarifs sociaux et d’autres filets de protection sociale pour les pauvres), de manière à promouvoir une plus grande efficacité énergétique et à éviter que le fardeau budgétaire que constituent les subventions ne devienne insoutenable. Il faudra augmenter les prix de l’électricité et du gaz naturel afin de couvrir le coût plus élevé des sources d’énergie, que celle-ci soit importée ou d’origine nationale. En se dotant d’un secteur énergétique financièrement plus autonome, la Tunisie sera davantage en mesure de mobiliser auprès du secteur privé les investissements qui font actuellement cruellement défaut.

Rappelons que la Tunisie possède un important potentiel en matière d’énergie solaire et éolienne, qu’il n’a pas encore exploité. À l’heure actuelle, la part des sources d’énergie renouvelable dans la capacité du réseau électrique tunisien n’est que de 3 % et elle est principalement fournie par deux parcs éoliens. Le pays a adopté en 2012 le « Plan solaire tunisien » avec l’objectif de porter cette part à 30 % d’ici 2030, selon la répartition suivante : éolien (15 %), photovoltaïque (10 %) et énergie solaire concentrée (5 %). La Tunisie s’emploie également à accroître l’efficacité énergétique sur la période 2013-2020 et vise une réduction moyenne de la demande d’électricité de 1,4 % par an par rapport à un scénario tendanciel.

L’année dernière, en amont de la conférence de Paris sur le climat (COP21), la Tunisie a fait part de son intention de réduire ses émissions de gaz à effet de serre, tous secteurs économiques confondus, de 41 % à l’horizon 2030 (par rapport au niveau de 2010). Ces efforts d’atténuation se concentrent sur le secteur énergétique, qui représente à lui seul 75 % des réductions d’émissions prévues. Les besoins d’investissements nouveaux pour pouvoir les concrétiser sont chiffrés à 18 milliards de dollars.

(...)

On le voit : la Tunisie est confrontée à des choix cruciaux au moment de définir les stratégies qui lui permettront de satisfaire ses besoins énergétiques futurs d’une manière durable tant sur le plan environnemental que financier. Ce chantier donne lieu à un débat public important et un large processus de consultation, car les choix faits aujourd’hui auront des répercussions en chaîne sur le développement du secteur énergétique de la Tunisie et sur son économie pendant de nombreuses années.

 

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Source: Banque Mondiale