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PHOTOVOLTAÏQUE

THERMIQUE

EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE

INSTITUTIONNEL

Qui a de l'argent ?

Le 07 Mai 2015

Plus de 200 M€ attribués en seulement deux mois – le bilan du début de l’année est brillant pour l’Office Nationale de l’Electricité et de l’Eau potable (ONEE). Avec un second prêt de 21,5 M€ mobilisés à travers le Fonds pour les technologies propres l’année dernière, l’ONEE pourra lancer le chantier de sa première centrale photovoltaïque dans le cadre du plan solaire marocain. Reste à savoir qui pourra financer le coût global de ce plan estimé à 716 M€.  

Certains projets sont d’ores et déjà financés : le projet d’électrification par kits photovoltaïques individuels, porté par l’ONEE, bénéficie d’un don de 100 M$ de l’émirat d’Abu Dhabi. Cet accord a été signé lors de la visite du Prince Héritier d’Abou Dhabi,  Cheikh Mohammed Ben Zayed Al-Nahyane en mars dernier.[1] Il cible 17.670 foyers situés dans 940 villages. Via ce projet, le taux d'électrification atteindra 99,89% à l’horizon 2017 – l’ONEE atteindra l’une de ces principales missions.

Le prêt de la Banque Mondiale financera la première de trois ou quatre centrales photovoltaïques dans le cadre du projet Noor-Tafilalet. Situées à Erfoud, Missour et ZagoraIls, elles seront raccordées au réseau haute tension (60 kV), avec une puissance unitaire d’au moins 25 MW chacun. Cette première phase, qui devrait s’achever en 2016, inclut également des mesures d'efficacité énergétique. Une plateforme de gestion et de supervision de la production d’origine renouvelable et un projet de gestion de la demande au moyen de compteurs bi-horaires pour tous les clients de l’ONEE consommant plus de 500 kWh par mois (49.000 ménages et 11.000 industriels/agricoles) devraient voir le jour. La préoccupation principale pour l'ONEE est la réduction de la consommation durant les heures de pointe.

Désormais, l’ONEE devra s’attaquer au financement des autres centrales qui devraient suivre en 2017 dans le cadre du projet Noor Atlas. La participation d’un nouvel acteur, la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD), pourrait donner un nouveau souffle aux mécanismes de financement. A titre d'exemple, la BERD soutient le projet MorSEFF qui vise à attribuer aux banques locales des crédits à destination de PME et ménages qui souhaitent investir dans les projets d'énergie durable. Le Groupe BMCE Bank a bénéficié d’un financement de 20 M$ (environ 214 millions DH), et a reçu le soutien de la Facilité d’investissement pour le voisinage de l’Union européenne (FIVUE). Depuis 2012, le Maroc a bénéficié de 450 M$ au total de la BERD. L'ambition globale est de mobiliser 80 M€ à l'aide du projet « MorSEFF ». D’autres acteurs contribuent à ce fond : l’Agence Française de Développement (AFD), la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Kreditanstalt fur Wiederaufbau (KfW). Mais la concurrence entre les Etats du Maghreb rend l’accès à ces financements difficile : en 2015, la BERD annonce un investissement global de 180 et 200 M€ dans l’économie tunisienne.[2]

Un nouvel acteur a pris place. Le  International Development Finance Club a été créé début d’avril : à l'initiative de la Banque Mondiale (BM), plus de 20 institutions se sont rassemblées pour développer des standards communs pour le financement de projets pour la lutte contre le changement climatique qui auront nécessairement un impact fort sur les subventions à l'énergie solaire.  Ainsi, tout projet devra désormais « faire preuve d'effort  de réduire, limiter ou absorber des émissions de gaz à effet de serre ». La nouvelle réglementation définit les activités susceptibles de répondre à cette définition. Parmi ces activités figurent les projets d'énergie solaire photovoltaïque, à concentration tout comme l'énergie solaire thermique. Ce sont donc de nouvelles opportunités pour les projets solaires.[3]

Contact: jorn.fritzenkotter@ines-solaire.org