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MAROC

Les enjeux derrière Noor IV

Le 16 avril 2015

Suite à l'appel à manifestation d'intérêt pour la construction de la dernière phase du projet de la centrale solaire d'Ouarzazate, Noor IV, la MASEN a annoncé que l'appel d'offre sortira « très prochainement ». La question la plus importante ne semble pas être « Qui va remporter cette mission ? »  mais « A quel prix ? » .

1,36 dirham pour Noor II et 1,42 dirham/ kilowattheure en heure de pointe pour Noor III - c'est le coût de production électrique retenu pour le projet de solaire thermodynamique à Ouarzazate. Face à la chute des prix du photovoltaïque - de 7 dollars/w (70 dirhams) à 1,50 dollars/w (15 dirhams) en 2014 - l'offre retenue pourrait devenir la dernière référence en terme de prix dans le secteur du photovoltaïque.

Plusieurs industriels se sont positionnés, en vue du lancement, « très prochainement », de l’appel d’offres, selon Obaid Amrane, membre du directoire de la Moroccan agency for solar energy (Masen).  

Selon les informations de la MASEN, les projets Noor se réaliseront sur un montage institutionnel composé d’un double Power purchase agreement (PPA – Contrat d’achat d’électricité). Il s’agit d’un schéma tripartite dont les parties prenantes sont Masen, en tant que structure pilote du Programme solaire marocain, de l’Office national de l’électricité et de l’eau (ONEE) en tant que client unique, ainsi que de la société de projet en tant qu’investisseur, développeur et exploitant (IPP-Independent Power producer).

Dans le détail, le premier PPA est établi entre Masen et l’ONEE, là où le second engagement lie l’agence à la société de projet attributaire du marché. Ces engagements garantissent à l’investisseur/constructeur privé le rachat par l’Etat de l’énergie produite, via une injection dans le réseau national exploité par l’ONEE.

Le volet financier est plus complexe (voir infographie). Masen lève des prêts et des dons auprès de plusieurs bailleurs de fonds internationaux. La partie dette est garantie par l’Etat. Ce qui permet à l’agence de négocier des taux intéressants, explique un spécialiste du secteur. Sur Noor II et III, par exemple, l’organisme a su mobiliser quelques 17 milliards de dirhams auprès de diverses institutions internationales de financement.

 

Récemment, Michael Liebreich de la BNEF annonçait un tournement décisif en faveur des énergies renouvelables lors du « Bloomberg New Energy Finance annual summit » à New York. Noor IV pourrait signifier la prochaine étape dans cette bataille. Ce tournement est survenu après l'année 2013, pendant laquelle 143 Gigawatt d'électricité de sources renouvelables ont été ajouté, contre 141 GW en électricité de sources fossiles. L'investissement dans le projet Noor IV fera accroître ces chiffres, qui atteindront plus de 500 GW de capacité ajouté par an en 2030, selon les estimations de Bloomberg.

SOURCES: Masen et l'Economiste maghrébin
Contact: jorn.fritzenkotter@ines-solaire.org