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PHOTOVOLTAÏQUE

THERMIQUE

EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE

INSTITUTIONNEL

FRANCE

ALGÉRIE

MAROC

TUNISIE

Faute par omission

Le 22 octobre 2015

Alors que les négociateurs sont réunis à Bonn, les critiques pleuvent, de plus en plus drues. Chacun défend son pré carré mais les faits sont têtus : les énergies renouvelables sont totalement absentes du texte publié par le secrétariat de la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

« Comment prétendre s’attaquer aux vrais moteurs du réchauffement de la planète avec un accord (…) qui n’évoquera pas les énergies renouvelables qui nécessiteraient pourtant de puissants mécanismes de transferts financiers et technologiques internationaux ? », s’insurge l’association Attac[1]. « Si l’enjeu est de déclencher une transition énergétique globale alors que les énergies renouvelables ne figurent pas dans le texte, il y a un sérieux problème ! », renchérit[2] Alix Mazounie, chargée des politiques internationales au Réseau action climat. Même critique de Martin Kaiser[3] de Greenpeace qui regrette « son manque d'ambition, notamment en terme de décarbonisation de l'économie mondiale et d'objectif d'une énergie 100% renouvelable».

Ce blanc est regrettable, cette omission coupable. Si l’on est d’accord sur le constat et l’importance de la crise climatique, pourquoi ne pas vouloir exposer une partie de la réponse alors qu’elle est connue de tous, qu’elle est abordable et généralisable comme le répètent à l’envi les rapports d’experts sur le sujet. Ainsi de l’étude de Bloomberg new energy finance (BNEF), publié en 2015, selon laquelle le solaire allait devenir l’énergie verte la plus compétitive dès 2030 et qu’il représenterait 35% des sources d’énergies installées dans le monde jusqu’en 2040.

Cet oubli est incompréhensible quand on sait que dans les copies adressées à l’ONU, plus d’un pays met en avant ses objectifs en la matière. C’est particulièrement vrai des membres du G77 qui affichent leurs ambitions sans ambages à l’instar de l’Algérie avec 27% de son électricité à partir de sources renouvelables d’ici 2030, de la Tunisie où l’éolien, le photovoltaïque et le solaire thermodynamique seront développés pour atteindre 30% en 2030 ou encore du Maroc qui entend assurer plus de 50 % de la puissance électrique installée à partir de sources renouvelables d’ici 2025.

Cette déficience est criminelle alors que les populations les plus touchées par les dérèglements climatiques en sont les moins responsables et revendiquent au contraire de façon urgente l’accès à l’énergie pour tous. Or que dit d’autre le dernier rapport de l'Agence Internationale pour les Energies Renouvelables (IRENA) sinon que le continent africain pourrait satisfaire à près d'un quart de ses besoins énergétiques d'ici 2030 en utilisant des énergies renouvelables propres et locales.

Alors que faire ?

« Pénaliser les émissions de CO2 n'est pas la solution : cela n'a pas fonctionné (…). Pour sauver la planète, nous avons besoin d'un tsunami d'argent[4] dans les énergies renouvelables », affirme l’économiste Robert I. Bell[5] qui propose de défiscaliser les énergies renouvelables afin de déclencher « le boom qui sauvera la planète ». Une proposition à mettre sur la table des négociations.

Par Vincent JACQUES LE SEIGNEUR

Contact: vincent.jacques-le-seigneur@ines-solaire.org

 

[1] : Actu Environnement du 10 octobre

[2] : Lors de la table ronde « Climat, l’affaire de tous ? » organisée par le Monde le 24 septembre.

[3] : Le Parisien du 6 octobre

[4] : 1.000 Md$/an selon l’AIE

[5] : Les Echos du 10 octobre 2015