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Gérer les pics de consommation

Le 07 Mai 2015

L’usage croissant des appareils électroménagers et des climatiseurs soulève un défi majeur : comment gérer les pics de consommation électrique ? La consommation d’énergie dans ce secteur a augmenté en moyenne de 6,5% par an entre 2000 et 2014. Pendant les heures de pointe, la demande peut atteindre 10,9 Gwh en Algérie, par exemple.

Pour répondre à cet enjeu, la Banque mondiale a organisé les 18 et 19 février 2015, à Tunis, un atelier régional sur l’efficacité énergétique des climatiseurs dans les pays du Maghreb. Ce sujet importe tous les acteurs : le basculement de la pointe de charge de l’hiver vers l’été et l’apparition d’une pointe diurne plus importante que celle du soir a eu lieu en Tunisie et en Algérie, et aura certainement lieu au Maroc.. Il s’avère que la Tunisie, leader en matière d’efficacité énergétique, pourrait bien accélérer la coopération intermaghrébine.

« Notre enquête a été présentée lors de la conférence, et nous sommes prêts à la partager avec nos partenaires », entend-on de la part de la Société Nationale de l’Electricité et du Gaz (STEG). L’étude en question a été menée par la STEG, qui a rendu visite à 2880 de ses clients, raccordés aux réseaux basse et moyenne tension, afin d’estimer le potentiel d’économie en énergie. Alors que le marché des climatiseurs est encore relativement petit – on parle d’environ 344 000 climatiseurs en Tunisie, 300 000 au Maroc et 1,4 millions d’appareils en Algérie – la Banque Mondiale estime que jusqu’à deux millions de climatiseurs pourraient être ajoutés chaque année sur le marché de la région. Cet afflux de nouveaux appareils n’est pas suffisamment contrôlé par des instances de réglementation. Pour lutter contre la diffusion de climatiseurs bas de gamme, les participants à l’atelier de la Banque Mondiale pronent l’harmonisation des standards de performance énergétique et un label d’efficacité énergétique pour tous les climatiseurs.

Pour la Directrice Générale du Centre Technique des Industries Mécaniques et Electriques (CETIME) en Tunisie, Sofia Bahri, cette démarche passe par l’étiquetage : « il faudrait s’inspirer des directives européennes « Ecodesign » et « Labelling » qui intègrent l’objectif de contribuer directement à la réduction des émissions CO2 et des étiquettes existantes en Europe (cf. image exemple). Ce système de contrôle devrait comprendre la création d’instances régionales de régulation mais aussi, selon elle, la formation des installateurs et leur contrôle par des inspecteurs du Ministère du Commerce, comme cela existe déjà en Tunisie depuis l’introduction en 2009 de la règlementation sur la certification énergétique des climatiseurs. L’impact de ce dispositif peut être chiffré : la part des consommations des ménages a baissé de 4% entre 2000 et 2010 selon le rapport Tendances de l’efficacité énergétique dans les pays du bassin méditerranéen de MEDENER, publié en 2014.  

 

Au Maroc, l'étude du marché vient juste d'être lancée et les résultats sont attendus. En complément de de la loi cadre sur l'Efficacité Énergétique (N°47-09), une norme NM 14.2.300 sur l'étiquetage énergétique des produits électriques et des appareils électroménagers a été introduite en 2010, avec un arrêté du MEMEE 2148-11 (juillet 2011) rendant son application obligatoire.

En Algérie, plus de 90% des équipements sont assemblés localement, grâce à une politique nationale qui incite à l'intégration industrielle locale. L’absence de moyens de contrôle et de laboratoires d’essais constitue un défi majeur.

Le problème persistant de la prolifération du marché informel montre clairement que la décision d'achat du consommateur reste déterminée par le prix du climatiseur et non par sa performance énergétique. Les climatiseurs certifiés sont environ 60 % plus cher. Ce dilemme auquel il faudrait répondre à travers une baisse de taxes sur les produits certifiés fera l’objet d’une étude prochaine de la Banque Mondiale.

Sources : CETIME, Banque Mondiale