Cliquez sur la carte pour vous situer

INSTITUTIONNEL

MAROC

Hakima El Haité, ministre marocaine de l'Environnement: Cap vers de Sud pour l'innovation

Le 08 décembre 2015

Dans le cadre du Sustainable Innovation Forum, la ministre de l'environnement du Maroc, Hakima El Haité, a donné un discours axé sur le développement de l'innovation dans les pays du Sud.

 

«On parle beaucoup de transfert de technologies nord-sud mais pas assez de la nécessité de renforcer les capacités de recherche et d'innovation des pays du sud alors que les pays du sud représentent 80% de la croissance mondiale ! Il n'est pas sain que cette croissance dépende encore trop de ressources naturelles, de main d'oeuvre bon marché, d'activités de services délocalisées et d'industries de base.

Les tendances sociétales et démographiques indiquent que vers 2030 les classes moyennes formeront les deux tiers de la population mondiale, soit environ 5,5 milliards d'êtres humains(...). D'où l'importance de préparer dès maintenant les structures de soutien à l'innovation pour dupliquer une à une échelle bien plus vaste ce que nous avons constaté en Inde, en Chine et en Corée du Sud par exemple. Ces trois pays étaient des pays sous-développés à la fin de la deuxième guerre mondiale et encore dans les années soixante.

Bien-sûr ce sont trois exemples extraordinaires, mais ils démontrent que quelles que soient les conditions initiales, des progrès immenses sont possibles. La lutte contre le réchauffement climatique et la transition vers l'économie verte ont massivement besoin d'innovation.

Il convient donc de promouvoir un effort mondial de coopération pour renforcer les capacités de recherche et d'innovation des pays du Sud, tout particulièrement les pays en développement. D'autant qu'on ne saurait se satisfaire d'une situation où le transfert de technologies serait la seule option pour accéder à des niveaux qualitatifs supérieurs de développement.

Un tel effort passe par la mise en réseau d'instituts de recherche, une politique plus généreuse de bourses d'études et de facilitation de la mobilité pour les jeunes chercheurs, un renforcement des crédits de recherche dans les budgets de coopération internationale, l'expansion d’universités nouvelles et l'aide à la création ou au renforcement de plans nationaux de soutien aux PME.

A ceux qui, dans les pays développés, rechignent à l'idée de développer les capacités d'innovation des pays du Sud par crainte de la concurrence future, je répondrai que la pire des erreurs serait de ne pas transformer les actuels retards de développements en une chance de bâtir un modèle de développement durable et directement orienté vers l'économie de la connaissance, car nous avons tous besoin que la croissance au Sud se fasse de plus en plus d'une manière sobre en carbone, et décarbonée à plus ou moins long terme.

De plus, la croissance de cette classe moyenne mondiale que j'évoquais tout à l'heure fournira de nouveaux grands marchés de consommation intérieure et de nouveaux flux commerciaux Sud-Sud, ce qui, couplé à l'expansion de la création de valeur globale, répartira de nouveaux équilibres dans le commerce mondial.

Aussi, un seul mot d'ordre: cap vers le Sud pour l'innovation !"