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Les interconnexions d'électricité

Le 07 Mai 2015

A travers le projet d’Union pour l’énergie, les Etats membres de l’Union européenne (UE) ambitionnent un taux d’intégration des interconnexions électriques de 10%. Au Maghreb, des infrastructures et un régulateur communs aux pays voisins existent depuis 1972. A l’Europe de s’inspirer de l’exemple maghrébin ?

Ce n’est pas certain car le bilan de cette interconnexion est mitigé.  Les échanges d’électricité entre les pays du Maghreb  sont limités. En 2012, les échanges entre l’Algérie, le Maroc et la Tunisie (en plus de la Libye et la Mauritanie) ont atteint environ 155 GWh ce qui correspond à 0,1 % de la consommation électrique de la région [i]. Autre chiffre, les importations du Maroc en énergie électrique via l’interconnexion Maroc-Algérie étaient de 756 442 MWh contre 813 254 MWh pour l’exportation.  En juin 2010, les ministres de l’énergie des trois pays avaient pourtant signé la « Déclaration d’Alger » qui prévoyait une harmonisation des cadres législatifs et réglementaires, ainsi que des conditions techniques et économiques d’un marché « non discriminatoire, transparent » et qui ferait l’objet d’une « tarification adéquate ». Tout cela en vue d’une future intégration au sein du marché intérieur de l’UE. [ii]

A l’issue d’un Conseil ministériel en 2010, l’actuel ministre de l’énergie algérien, Youcef Yousfi, parlait de « dynamiser les échanges » d’électricité [iii]. Si le développement des interconnexions euromaghrébines fut rejeté faute de modèle économique viable, l’interconnexion entre le Maroc, l’Algérie et la Tunisie  garde de nombreux atouts : renforcement de la sécurité d’approvisionnement, baisse des coûts, efficacité énergétique. Le Comité maghrébin de l’électricité (Comelec), régulateur commun aux trois pays, pourrait intervenir pour réaliser les objectifs d’Alger. La prochaine Conférence Générale de Comelec, annoncée à Rabat, en novembre 2015, sera une nouvelle occasion de définir les exigences pour renforcer les compétences de l’agence dans ce domaine. Actuellement,  l’agence dispose comme seul moyen d’influence la publication de rapports communs et les échanges réguliers entre ses membres. Car le thème de la Conférence Générale de Comelec « L’intégration des énergies renouvelables dans les réseaux électriques »  porte en soi la demande pour une gestion intégrée des systèmes électriques afin de faire face à la volatilité relative des technologies des renouvelables.   

Le frein principal aux interconnexions réelles entre les pays du Maghreb a récemment été analysé par la Banque Mondiale : il est possible que l’unification envisagée de la tarification électrique pousse à la hausse le prix du kilowatt/heure en Algérie qui est jusqu’à présent maintenu à la baisse grâce aux subventions pétrolières. Selon le rapport de la Banque Mondiale , celles-ci auraient couté 20 milliards de dollars au trésor public en 2014.[iv]

Contact: jorn.fritzenkotte@ines-solaire.org

[i] Le matin: les interconnexions électriques sont là, mais les échanges sont quasi nuls.