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PHOTOVOLTAÏQUE

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INTERNATIONAL

Ombre solaire

Le 01 avril 2016

Si les Rafale lui ont fait de l’ombre, l’inauguration du siège de l’Alliance solaire internationale à New Delhi, le 25 janvier dernier, par François Hollande et Narendra Modi, le premier ministre indien, est autrement plus déterminante pour notre avenir à tous.

Elle montre la forte motivation de 121 pays à coopérer pour réduire le coût des technologies solaires puisqu’il n’a pas fallu deux mois pour passer de la parole aux actes, de l’annonce à la COP 21 à cette inauguration ; elle consacre la place primordiale du photovoltaïque devant toutes les autres énergies, fussent-elles renouvelables et même si les chantres du nucléaire étaient aussi du voyage ; elle inscrit un nouveau barycentre sur l’atlas mondial du solaire qui ne se limite plus à d’hypothétiques villes nouvelles sorties des sables à l’instar de Masdar, ou aux installations géantes de Cestas et de Ouarzazate pour ne citer que les plus récentes ; elle illustre enfin la volonté de changer de braquet et de faire de cette filière un atout pour l’adaptation au changement climatique et, plus prosaïquement, pour le développement et/ou l’aide au développement. Rappelons que 300 millions d’indiens n’ont tout simplement pas accès à l’électricité !

Avec son objectif de 100 gigawatts de capacités solaires en 2022 pour un investissement estimé à 100 milliards de dollars, l’Inde donne le ton ; avec l’ambition de porter la part des énergies renouvelables dans l’électricité à 40 % d’ici à la fin de 2030, la France partage avec le Sous-Continent le même objectif, toutes proportions gardées.

La 6ème édition du Baromètre des énergies renouvelables électriques[1], qui vient de paraître, tombe à point nommé. Il montre que la dynamique est bien lancée. Certes, le photovoltaïque n’a représenté, en 2015, que 1,3 % de la consommation électrique nationale[2] mais sa progression, en un an, a été de 25 % et son enracinement est solide : 360 000 installations PV fonctionnent sur l’hexagone et son prix de revient rivalise désormais avec l’éolien et il est déjà plus compétitif que le nucléaire[3]

Cet ancrage est d’autant plus important que, simultanément, l’empire du Milieu semble regarder ailleurs. Après avoir orchestré un jeu de massacres sur le marché européen, la Chine répond désormais à la demande intérieure et elle a définitivement dépassé l’Allemagne et les États-Unis en termes de puissance photovoltaïque installée si l’on en croie les statistiques de l’Agence nationale de l’énergie (NEA). Tous les signaux sont donc au vert pour qu’enfin la filière photovoltaïque sorte de l’ombre, ce qui est bien le moins pour une énergie solaire.

 

Par Vincent Jacques le Seigneur, Secrétaire général de l'INES. 

Contact: vincent.jacques-le-seigneur@ines-solaire.org 

 

[1] : mettre la référence pour le téléchargement gratuit

[2] : 18,7% de la consommation, toutes énergies renouvelables confondues

[3] : 80 €/Mwh pour l’éolien et  109€/Mwh pour l’électricité produite par l’EPR d’Hinkley Point au Royaume-Uni